Avènement (1)
Avènement (1)
Avènement (2)
Les Compagnons
Calendrier Éternité
Grand Jour (1)
Grand Jour (2)
L'Héritage
Les autres sites
 
 
THÉOLOGIE DE L’AVÈNEMENT
OU
L’ATTENTE DE L’ESPOIR

( première partie )


APOCALYPSE 22:12
Version Segond  « Voici, je viens bientôt »
Bible de Jérusalem « Voici que mon retour est proche »

Dans l'original grec : « Voici je viens rapidement ». Les experts retiennent la notion de « sans délai » pour le grec ‘taxu’ = rapidement. Toutefois l’exemple de Marc 16:8 montre que le même terme peut signifier tout simplement « rapidement » aussi bien que « sans tarder », cette deuxième signification n’incluant pas de délai (de même que « bientôt »). Donc, la double signification du terme laisse aux traducteurs le difficile choix entre « Voici je viens prochainement » et « Voici je viens rapidement », chacune étant dans une certaine mesure ambiguë... Les lignes qui suivent ne tentent pas à élucider cette ambiguïté — elles retracent l’histoire d’une attente, la naissance d’une théologie, et la réalité d’un espoir, toutes liées à l’Avènement prochain et prompt de Jésus-Christ.

Apoc 1:1-3  « Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu’il a fait connaître, par l’envoi de son ange, à son serviteur Jean ;
celui-ci a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ : soit tout ce qu’il a vu.
Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est proche. »

Pourquoi cette ambiguïté, on dirait — volontaire ? Le discours eschatologique de la Bible se résume-t-il à cette phrase qui fait rêver et douter à la fois ? Quelle place à l’espoir laisse-t-elle près de 2000 ans après la rédaction d’Apocalypse, et comment les apôtres ont-ils vécu la perspective de l’Avènement — au point de vue de leur temps et de leurs communautés chrétiennes, et dans le sens d’une attente située dans une autre époque et devenue universelle ?

Notre tour de ces questions commence par le message eschatologique de l’ensemble des Écritures saintes. L’Apocalypse met le point final dans la transmission d’un espoir que Dieu maintient à travers les siècles. Quant aux livres de l’Ancienne Alliance, ils se trouvaient dans un contexte très actuel à l’époque de leur rédaction, et ils ont un sens double — à la fois de prophétie immédiate et de prédiction eschatologique. Si le message de portée “immédiate” se voyait réalisé dans un temps proche (nous le savons par les données historiques), le sens eschatologique se révèle par rapport à des événements postérieurs, et, quant à la précision du temps de son accomplissement celle-ci est relative et fonction d’un contexte historique qui se dessine dans l’ensemble des Écritures tant de L’Ancienne que de Nouvelle Alliance.

Dieu nous donne Sa parole qu’Il écrit en Maître du Temps. Primo, l’approche de Dieu du temporel (comme de l’éternel !) diffère de celle de l’homme ; secundo, le sens du temps dans la Bible parfois sert à coder le message des Écritures. Refaire à l’envers le tissu du temps biblique n’est ni facile, ni dépourvu de risque, surtout prenant en considération le fait qu’il n’est non plus pas évident de se débarrasser de nos idées reçues, convictions préalables... Essayons ensemble à décrypter les prophéties eschatologiques de la Bible par rapport aux temps indiqués de leurs réalisations.

Tandis que les prophètes — Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel, aussi bien que les prophètes mineurs — retracent les événements de la Grande Détresse et du Jour du Seigneur ainsi que les bénédictions à venir dans des Livres à double valeur prophétique, tandis que les visions de Jean nous transportent dans le Temps de la Fin et du Retour en dessinant l’horreur et la gloire à venir, les propos de Jésus-Christ nous mettent en attente et devant la nécessité impérative d’observer les événements et de rester fidèles — ainsi les Écritures élaborent la théologie de l’Avènement présentant le Retour glorieux du Fils de Dieu sous des angles différents et complémentaires.

Sans prétention d’aborder tous les problèmes liés à cette théologie l’article présent se penche sur la seule question de l’espoir du Retour proche de Jésus-Christ — sur l’historique de cet espoir, sur son reflet dans la théologie de l’Avènement surtout dans le Nouveau Testament, et sur les arguments qui le font revivre et s’imposer de nos jours.

Jacq 5:7-8  « Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison.
Vous aussi, soyez patients, affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche. »

Les apôtres espéraient-ils le Retour de Jésus-Christ de leur vivant ? Se seraient-ils trompés ? Le discours de Jésus a-t-il préparé cette attente, les a-t-il introduit dans l’erreur — qu’est-ce qui se cache derrière certains propos du Maître et de Ses disciples ? Qu’est-ce que a provoqué une nouvelle erreur d’appréciation quant au temps du Retour au XIXe siècle ? Ces erreurs doivent-elles nous rendre sceptiques vis-à-vis du discours millénariste de nos jours ? Ou doivent-elles nous inciter à la prudence ? Les lignes qui suivent tentent à répondre à ces questions en vous proposant l’avis d’auteur ainsi que les raisons de son espoir.

Matth 16:28, Marc 9:1 et Luc 9:27, à comparer avec Luc 17:21.

Luc 9:27  « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu. »

Nous avons la chance de lire les Écritures après la constitution du canon complet de la parole de Dieu (fin du 1er siècle après Jésus-Christ), et près de 2000 ans de recul — de ce point de vue il est beaucoup plus facile d’interpréter le discours du Seigneur lors de son Premier Avènement. Il faut le souligner, relativement plus facile que de son temps ou à l’époque de l’Église primitive, car nous disposons d’un texte-clé essentiel — la Révélation à Jean (appelée « Apocalypse » dans les Bibles en langue française), rédigée vers 95 après Jésus-Christ, environ 30 ans après la rédaction des autres écrits du Nouveau Testament qui entre autres traitent du Retour de Jésus-Christ.

Dans la Bible, la Révélation est un livre à part, la seule parole de Dieu à peu près chronologique sur les temps de la fin et l’Avènement de Son Fils. Étant postérieure aux autres Écritures qui abordent le même sujet, elle jette de la lumière sur leur récit et permet de répondre à certaines questions que le thème du Retour du Seigneur pose de nos jours.

Revenons aux versets cités ci-dessus. Luc 17:21 montre clairement la façon de parler de Jésus-Christ, d’exprimer l’importance des manifestations de la puissance de Dieu et de Son Royaume par la présence du Fils parmi les humains.

Luc 17:21  « On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. »

Marc 9:1  « Il leur dit encore : Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. »

Les autres versets reprennent la même forme de discours voilé et sont placés dans le contexte de la transfiguration sur la montagne — une des manifestations de la force du Royaume divin. Pour nous il est clair, 2000 ans plus tard, que les paroles du Fils de Dieu se référaient à cet événement précis qui eut lieu quelques jours après ce discours, et non pas à l’Avènement du Christ dans la gloire de Son Père.

Ces paroles furent-elles à l’origine de l’espoir des apôtres que le Retour du Seigneur se passerait de leur vivant ? Les ont-elles introduit dans l’erreur ? Comment devons-nous de nos jours voir cette erreur et quelle a été son impact sur la théologie de l’Avènement ?


( suite page suivante )

gloire-du-retour
17/03/07