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THÉOLOGIE DE L’AVÈNEMENT
OU
L’ATTENTE DE L’ESPOIR( deuxième partie )
Les apôtres se sont-ils trompés quant à l’époque de l’Avènement ? De nombreuses mentions de cet événement dans les épîtres apostoliques semblent confirmer une erreur des disciples les plus proches de Jésus-Christ. Comment après cela vivre notre espoir, si même ceux qui étaient les piliers de l’Église primitive n’ont pas eu plus de lumières sur la question du Retour du Seigneur ?
Encore une fois il est nécessaire de souligner que cette lumière a été donnée environ 30 années après la rédaction des épîtres en question — avec la Révélation de Jean. Et nous vous proposons ci-dessous une vision sur cette erreur et son rôle dans l’élaboration de la théologie du Nouveau Testament concernant l’Avènement de Jésus-Christ.
Les apôtres, en définitive, se sont-ils trompés ? Furent-ils abusés par l’espérance vaine ou illuminés par la mission de leur vie — témoigner, témoigner du Christ Jésus au-delà de ce qui est présent, qui fait partie de l’expérience vécue, se projeter dans l’avenir avec la véracité de l’émotion et de l’inspiration, vivre en avant-goût l’événement majeur d’une vie de foi — la rencontre avec Dieu ! Ils créent ainsi une théologie de cette rencontre aussi bien dans les détails (1 Thes 4:16-17) que dans l’exigence impérative des conditions morales de l’attente (2 Pierre 3, Jacques). Les apôtres utilisent le ‘nous’ de complicité dans l’espoir (Paul, Jean) ou le ‘vous’ d’un testament spirituel (Jacques, Pierre) — est-ce une erreur ou la façon de laisser un message dont la portée dépasse les limites temporelles de leur époque ? Les amis les plus proches du Christ franchissent la frontière de l’espoir personnel pour prendre la mesure universelle de l’Avènement tout en gardant le sens intime de re-union avec leur Maître.
Dans cette attitude il n’y a rien de leurre et d’erreur. Une espérance facilement explicable par le manque de connaissances nécessaires à l’analyse théologique (la Révélation — l’Apocalypse — est postérieure aux Épîtres) est à l’origine de la théologie du Retour du Christ Jésus, certes, mais cette espérance est uniquement le point de départ de l’inspiration divine pour un message de sens universel ! L’espérance donne lieu à l’espoir pour tous sur la Terre, et les apôtres continuent leur chemin spirituel : Paul, Pierre et Jacques vers la magnifique assurance « j’ai combattu le bon combat », et Jean — vers le livre de la Révélation qui tracera le chemin du Retour et la voie de toute foi qui trouve son inspiration dans ce Retour glorieux.
Il y aura des attentes démenties, notamment dans les années 1840 aux États-Unis, une attente basée sur des calculs et non pas sur les réalités du temps dernier, indiquées par Jésus, et reportées par Matthieu 24, réalités qui se dessinent et se précisent de nos jours et qui doivent être surveillées par ceux qui croient.
Plus qu’une attente désespérée dans un temps difficile, plus qu’un désir égoïste de voir se réaliser son rêve, l’adventisme des apôtres est un Évangile à part, intemporel et adressé aux chrétiens d’une époque lointaine encore mais dont ils ont la révélation des dangers spirituels. Plus que conseils à leur disciples proches, ces écrits contiennent le testament spirituel des apôtres à une génération future qui attendra et atteindra.
La théologie du Retour y retrouve sa force pour rejoindre Ésaïe, pour donner de la vigueur à l’attente d’un peuple spirituel face à l’attente des adeptes du judaïsme. Loin d’être une espérance déçue et morte, l’adventisme des apôtres est un espoir développé en théologie de la joie des retrouvailles de tous les chrétiens et de chacun et de chacune avec leur Dieu. La Révélation (l’Apocalypse) nous offre les éléments manquants quant à l’époque de ce rendez-vous. Aujourd’hui, à la vue des réalités de notre temps, des réalités qui, semble-t-il, indiquent une réalisation des paroles de Jésus dans Matthieu 24, nous pouvons avec assurance adhérer à l’espoir certain d’une prochaine rencontre.
Maranatha (notre Seigneur vient) !
Svétoslava Prodanova-Thouvenin