LES COMPAGNONS DE L’AGNEAU
LE LIVRE de l’Apocalypse, dans la pensée collective de l’humanité, est devenu symbole des horreurs du temps eschatologique. Mais, les pages de la Révélation constituent une Écriture pleine d’espoir et de joie, à la fois éclatante et profonde, devant la perspective incroyable de notre avenir avec Dieu. Cet article est consacré à l’un des aspects de ce futur lumineux ; il est également dédié à tous ceux qui persévèrent dans une vie de foi, de vérité et d’amour pour Dieu, et qui peuvent trouver dans les lignes qui suivent un encouragement personnel.
Notre attente de l’Avènement du Christ nous fait parfois rêver. Rêver de notre vie « après », de notre existence « sous Dieu », « avec Dieu », de cette union promise dans Jean 17 qui constitue la quintessence de notre vie future. Ce rêve d’avenir, il est déjà présent dans les Écritures où le lecteur avisé peut en trouver les traits, les événements, les modalités.
Dans cet article nous aborderons une des faces de cette vie nouvelle tant aspirée, une promesse de Dieu à l’égard de Ses élus : Apocalypse, chapitre 3, versets 7 à 13. Ce message est l’une des épîtres adressées par Jésus-Christ aux Églises représentant les différentes phases de la vie spirituelle dans la communauté chrétienne au fil du temps, pendant les diverses époques de son histoire. L’Église de Philadelphie fait figure d’avant-dernière période dans le développement de l’Église de Dieu. Lisons attentivement le message qui lui fut envoyé, et envisageons la deuxième partie de l’épître :
Apoc 3:10-12 « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre [...] Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu [...] et mon nom nouveau. »
Ces quelques lignes contiennent une promesse unique pour le temps de la fin ; une promesse dont la Révélation à Jean présente l’accomplissement glorieux.
Poursuivons notre étude au fil du récit de l’Apocalypse.
Le texte cité ci-dessus commence par la promesse de protection au temps biblique communément appelé « La Grande Détresse ». Cette protection concerne les fidèles de Dieu, les fidèles à Sa vérité, ceux qui persévèrent, qui ont gardé « la parole de persévérance en moi », la vraie Église spirituelle de Dieu. De même le chapitre 7 de la Révélation, versets 1 à 8 parle du destin de ces croyants fidèles, au nombre probablement symbolique de cent quarante-quatre mille indiquant la sanctification ainsi que la plénitude et l’absolu de la sauvegarde — ces serviteurs de Dieu sont scellés avant le début de la Tribulation. La protection de ce peuple de Dieu au temps de la Détresse et de la colère de Dieu est relatée dans le chapitre 12 : cette Église spirituelle, l’Église de la vérité et de la persévérance, sera transportée dans le désert, dans un lieu sûr qui lui est préparé loin de la tribulation à laquelle sera livré le monde entier. C’est là l’accomplissement de la première promesse faite à cette phase de l’Église, dite l’Église de Philadelphie — l’Église spirituelle des chrétiens fidèles à la vérité, et restés fidèles, à l’époque de la Fin des Temps, survivance de la vraie Église spirituelle de Dieu dans l’époque de tiédeur laodicéenne. Donc, cette survivance sera préservée, sauvée dans un lieu de refuge, spécialement préparé par Dieu dans le désert.
Matth 24:40-41 « Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé ; de deux femmes qui moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée. »
Luc 17:34 « Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée »
Apoc 12:14 « Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu’elle s’envole au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent. »
Mais la Bible suit la destinée de ces chrétiens bien au-delà du temps de la protection divine. Nous retrouvons les cent quarante-quatre mille dans le chapitre 14 de la Révélation, versets 1 à 5, qui conte leur relation future avec Dieu, dans les mêmes termes repris du message à l’Église de Philadelphie :
Apoc 14:1 « Je regardai, et voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leur front. »
Ce sont des personnes vierges spirituellement parlant, c'est-à-dire fidèles à Dieu, persévérant dans la vérité, et elles suivent l’Agneau partout où Il va — dans un sens figuré c’est l’équivalent de « ne plus sortir du temple ».
Piliers inébranlables d’un monde nouveau, les compagnons de l’Agneau habitent l’intimité profonde avec Jésus-Christ ; en suivant le Seigneur ils traversent le livre de la Révélation, témoins fidèles de l’amour divin qui récompense par-dessus tout rêve la persévérance des Siens.
Svétoslava Prodanova-Thouvenin