LES FÊTES DIVINES DANS LE CALENDRIER DE L’ÉTERNITÉ — LA PÂQUE
Genèse 8:22 (Bible de Jérusalem) « Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. »
L’ÉTERNITÉ est la caractéristique existentielle de Dieu, qui, dans les Écritures saintes, est opposée à l’existence éphémère de l’homme. Cependant, dans sa parole, Dieu montre à l’humanité la voie qui mène à l’éternité, et cette voie passe par la relation avec Dieu et l’observance de sa loi.
Cette loi aide à établir la relation, à l’affermir, et l’effort conscient de l’homme pour rester en relation avec le Père céleste met le croyant sous la protection de la grâce divine, grâce qui lui offre l’éternité.
Le calendrier sacré confère aux fêtes la puissance, l’autorité de la loi dans le cadre de l’alliance avec Dieu — le contrat solennel selon lequel se réalise l’union, la vie commune du Tout-Puissant et de ses élus. Le cycle festif suit le courant du temps et des saisons, l’effort des semailles et la joie des fruits récoltés ; logique d’une relation au cours de laquelle la fidélité et l’effort du Semeur céleste se lient avec la loyauté de l’esprit humain qui communie avec cet effort de l’Amour suprême le récompensant abondamment de ses fruits spirituels.
Les fêtes divines tracent le graphique du chemin vers l’éternité — déterminées avec précision dans l’organisation temporelle de la société des « appelés, élus et fidèles », elles surmontent le temps et jettent un pont entre l’espace limité de celui-ci et l’infini de l’éternité.
Repères symboliques des étapes du plan de salut de l’humanité déchue, les fêtes du cycle festif biblique permettent au peuple de Dieu de percevoir ce « au-delà du jour présent » rêvé, de goûter le projet ultime de Dieu pour son avenir. Le jour saint qui, aussi bien dans les livres de l’Ancienne Alliance que dans ceux du Nouveau Testament, effectue le lien entre le passé, le présent et l’avenir, et ouvre le calendrier sacré, c’est la Pâque.
Le nom de cette fête en hébreu ‘Pessah’ veut dire « passer au-dessus ». Au commencement ce nom nommait le passage de l’ange de Dieu — qui sema la mort parmi les premiers-nés des hommes et des bêtes d’Égypte — au-dessus des maisons marquées par le sang des premiers sacrifices pascals. Au cours des siècles sa portée symbolique prend le sens du passage d’une époque à une autre, d’un statut spirituel à un état d’esprit différent. La Pâque est le symbole du mouvement spirituel vers l’avant pour surmonter la séparation d’avec Dieu.
La Pâque de l’Ancienne Alliance marque la frontière entre l’esclavage et la liberté, entre l’ignorance spirituelle et l’appartenance à Dieu, entre le temps d’avant et le temps d’après l’Alliance du mont Sinaï.
La première Pâque de la Nouvelle Alliance, célébrée par Jésus et Ses disciples au jour et à l’heure voulus par Dieu, souligne le caractère sacré de la cérémonie solennelle et encore une fois marque une frontière dans le temps — la frontière entre les jours de la colère et les années de la grâce, la frontière entre le temps de l’Alliance du mont Sinaï et l’époque de la Nouvelle Alliance. L’opposition de l’ancien et du nouveau est présente dans toute la cérémonie pascale : des symboles nouveaux — le pain et le vin remplacent l’agneau de la Pâque de l’Ancien Testament —, le lavement des pieds — symbole de l’humilité et du service, une nouvelle Alliance dans le sang du Fils de Dieu. Le sermon pascal du Christ contient — renouvelé et spiritualisé — le codex de la vie nouvelle sanctifiée par le sacrifice pour le salut de l’humanité. La prière sacerdotale, rapportée dans l’Évangile selon Jean, chapitre 17, fraye le chemin vers un monde nouveau, le monde de la sainteté, de l’union avec le Très-Haut et avec ses élus au nom de la vérité. Unité dont découle la Vie, unité qui crée la Vie, unité vivifiante qui affermit la Vie. Unité qui freine le cours du temps, surmonte les limites du temps et offrira en définitive à l’homme mortel l’immortalité, l’étendue infinie de l’éternité.
La Pâque est le commencement d’une voie nouvelle vers le monde de Dieu, ouverte par le sacrifice du Fils, le début d’une ère nouvelle. Les systèmes chrétiens de culte intègrent les symboles pascals établis par Christ, dans « le mystère de l’eucharistie » et certains rituels pendant la célébration des « Pâques » (par exemple, le Pape lave les pieds à douze cardinaux). Mais les Églises sont éloignées du sens profond de la cérémonie pascale, qui est révélé par les paroles de Jésus « faites cela en mémoire de moi » (Luc 22:19). Les Églises construisent leurs systèmes de culte loin de la simplicité et de la beauté de la cérémonie commémorative et symbolique pascale.
Mais, le sacrifice du Christ met des limites au temps et établit la spiritualité illimitée. Même inconsciemment, à partir de cette première Pâque de la Nouvelle Alliance, l’humanité compte les années en se rapprochant du salut offert par la grâce. Année après année elle se souvient du Seigneur crucifié et ressuscité et transforme le souvenir en chemin du salut. Un chemin jalonné par les repères symboliques des Jours Saints établis par Dieu, tels des phares salutaires dans l’océan de l’univers, qui aident le vrai voyageur à parvenir à la sagesse en comptant les années pendant lesquelles la grâce lui offre l’unité avec son Dieu.
Psaum 90:12 (Bible de Jérusalem) « Fais-nous savoir comment compter nos jours, que nous venions de cœur à la sagesse ! »
Svétoslava Prodanova-Thouvenin