AVOIR & ÊTRE
ou
L’HÉRITAGE DES SACRIFICATEURS
NOTRE IDENTIFICATION, autant dans la vie physique que dans la vie spirituelle, est déterminée par les verbes « avoir » et « être », les auxiliaires d’une autodéfinition, d’un choix de manière d’exister. Nous « avons » et nous « sommes », très souvent l’un est en fonction de l’autre, la façon d’être dans ce monde étant facteur non négligeable des possibilités d’avoir : avoir des biens, avoir des amis, avoir de l’estime voire du prestige...
Et pour ceux qui ont choisi d’être dans la vérité divine ? — quelle perspective d’avoir ? Jésus-Christ abordait cette question sans ambiguïté, traçant le chemin d’une nouvelle conscience qui place « être » devant « avoir », « servir » devant « être servi », « le spirituel » devant « le charnel ».
Psaum 16:5-8 (Bible de Jérusalem) :
« Yahvé, ma part d’héritage et ma coupe,
c’est toi qui garantis mon lot ;
le cordeau me marque un enclos de délices,
et l’héritage est pour moi magnifique.
Je bénis Yahvé qui s’est fait mon conseil,
et même la nuit, mon cœur m’instruit.
J’ai mis Yahvé devant moi sans relâche ;
puisqu’il est à ma droite, je ne puis chanceler. »
Ce chant du croyant consacré entièrement à Dieu rejoint dans la beauté des termes et sentiments exprimés le « Cantique des Cantiques » ; c’est un chant d’amour et d’appartenance dans lequel l’avoir et l’être sont en parfait accord par la volonté aimante du Grand Dieu et l’amour confiant de son élu. Cette relation superbe et suprême est si loin de notre monde où « avoir » souvent tue la beauté et la magnificence de l’être humain et de son « être »...
Le Psaume 16 s’ouvre sur la perspective d’un monde à venir dont le Souverain et Propriétaire est Dieu seul, un monde qui sera confié aux élus sans leur appartenir, sans gâcher par la passion de la possession leur relation avec Dieu. Être avec le Père c’est avoir tout ce qui est à Lui, cette vérité jaillit dans la parabole du fils prodigue...
Luc 15 :31 « Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi »
Que notre cœur, sans réserve, s’attache à Dieu dès aujourd’hui, et que tout ce qu’Il nous a confié sur la Terre serve à renforcer notre relation avec Lui dès le jour présent : « Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui » telle est ma façon « d’être » ici, maintenant et dans l’éternité...
Cantiq 2:16 ; 6:3 ; 7:11 (Bible de Jérusalem) :
« Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui. »
« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ! »
« Je suis à mon bien-aimé,
et vers moi se porte son désir. »
Svétoslava Prodanova-Thouvenin